Alerte syndicale à la F3SCT ministérielle sur la nécessité du suivi des personnels exposés au risque prion
Le 10 décembre dernier s'est tenue l'instance prévention F3SCT du ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche.
A cette occasion, les représentant·es des syndicats ont, comme chaque année, rappelé la nécessité d'enfin concrétiser les mesures recommandées par les inspections de 2020 et 2022, diligentées suite aux décès d'Emilie et de Pierrette dus à leur contamination professionnelle alors qu'elles travaillaient sur les prions pour l'INRA.
En particulier, les syndicats de Solidaires ont rappelé la nécessité :
- d'un recensement exhaustif des personnels de laboratoire exposés au risque prion à un moment donné de leur carrière, accessible à Santé Publique France, à des fins de veille épidémiologique
- d'un accès sur simple demande pour les personnes concernées qui le souhaiteraient, y compris celles qui ont quitté l'institut dans lequel elles ont été exposées au risque prion, à quelque degré que ce soit, à un suivi médical et/ou psychologique.
Ces deux points font partie des recommandations de la seconde mission d'inspection des laboratoires de recherche sur les prion.
Les recommandations du CCNE à cet égard, publiées en novembre 2023, qui nous semblaient déjà minimales, ne sont ainsi toujours pas respectées. Plus de 6 ans après le décès tragique d'Emilie, plus de deux ans après la publication de l'avis du CCNE, et 18 mois après la publication de son encart indigne destiné aux agents mis en danger en travaillant pour lui, et que nous avions alors dénoncé, l'institut INRAE continue à afficher le plus profond mépris :
- des deux collègues décédées dans d'atroces souffrances pour avoir eu le tort de lui faire confiance pour les protéger, pour lesquelles il n'a pas un mot ;
- de leurs proches, qui ont dû se battre pendant plus de deux ans pour la seule reconnaissance de la cause professionnelle de la maladie ;
- de l'ensemble des agents et anciens agents qui vivent aujourd'hui avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, pour avoir eu confiance en la "responsabilité" que leur employeur d'alors continue éhontément, et contre toute évidence, de vanter.
Cet encart n'ayant pas été modifié, l'actualité web que nous avions publiée alors demeure d'actualité. Nous vous invitons à la consulter.
Nous remercions l'ensemble des syndicats qui se sont à nouveau mobilisés pour défendre la nécessité que l'employeur public protège enfin ses agents, et prenne ses responsabilités vis-à-vis des agents déjà mis en danger. Nous vous invitons à lire le point d'étape publié par les syndicats de Solidaires à ce propos.
Pour une synthèse des expressions des mêmes syndicats depuis 2019, mettant en évidence l'état d'enlisement de ce dossier, c'est par ici.
Face à l'inaction et à l'apathie de l'employeur public face à la mise en danger de ses agents et anciens agents, l'Association Emilys témoigne toute sa solidarité aux personnes concernées, et reste plus que jamais à leur écoute.
